Un cœur de bourg à réhabiliter, un patrimoine à révéler
Face à l’église, au centre historique de Beaurepaire, l’îlot de la place Saint Laurent est l’un des plus anciens de la commune : il figure sur les cartes depuis toujours. Sa position stratégique lui a valu, au fil des siècles, de nombreuses transformations qui avaient fini par en effacer la lisibilité patrimoniale. Le diagnostic initial fut sans détour : cet ensemble bâti, pourtant originel, avait perdu une grande partie de son intérêt architectural. Restait pourtant, enfoui sous des adjonctions successives, ce qu’il y avait de plus authentique à sauvegarder — les pignons, une cheminée monumentale, des volumes remontant aux XVᵉ-XVIᵉ siècles. Tout l’enjeu du projet a été de savoir reconnaître cet héritage, le sauver, et le mettre en scène plutôt que de l’effacer une seconde fois.
Un parti pris : le dialogue plutôt que le pastiche
Entre restauration à l’identique et table rase, le projet choisit une troisième voie : le dialogue entre les époques. La maison ancienne, en R+1 sous toiture bi-pente en tuiles, sert de gabarit de référence à l’ensemble : les extensions de part et d’autre en reprennent les proportions, mais en un rez-de-chaussée simple, plus discret, qui affirme sans ambiguïté sa contemporanéité. La halle ouverte, prolongement Est du bâti restauré, offre à la commune un lieu de rencontre et d’évènements qui manquait au centre-bourg. Les matériaux prolongent ce contraste : pierre apparente et enduits pierres vues pour le bâti historique, façades enduites en blanc cassé et vert profond pour le neuf, menuiseries aluminium vertes sur l’ancien et gris moyen sur les extensions, charpente métallique et brise-vents bois pour la halle. Rien n’imite l’ancien ; tout lui répond.
Un chantier au service de la mémoire du lieu
La qualité du projet ne se lit pas seulement dans le dessin : elle s’est jouée pièce par pièce, sur le chantier. Chaque démolition a été conduite avec une attention scrupuleuse aux éléments à conserver. Les pierres de taille issues des bâtiments abattus ont été triées et récupérées, dans une démarche à la fois historique, locale et écologique, pour venir composer de nouveaux parements — montés avec un soin résolument contemporain, pour que l’ancien et le neuf se distinguent au lieu de se confondre. Geste le plus emblématique du chantier : la grande cheminée ancienne a été intégralement déposée, pierre par pierre, pour être remontée à l’identique à sa place d’origine, au cœur même du futur bar-tabac. Les toitures ont été recouvertes de tuiles scellées selon les techniques traditionnelles, les enduits soignés avec le même souci d’authenticité.
Une exigence de bout en bout
L’îlot Saint Laurent conjugue une lecture patrimoniale précise et un geste contemporain assumé, porté jusque dans le moindre détail du chantier. C’est cette continuité — reconnaître ce que ce lieu avait de plus ancien pour mieux lui donner un avenir — qui porte la candidature de ce projet au Prix Aperçu 85.
Approche environnementale : Ambition écologique du projet : Le projet va permettre d’isoler les locaux afin de réduire la consommation énergétique du bâtiment. La ventilation du bâtiment sera optimisée avec une récupération de chaleur via une centrale double flux. La mise en place d’un système de chauffage par pompe à chaleur géothermique permet l’utilisation d’une énergie renouvelable et permet la réduction importante des consommations énergétiques. Ce système n’utilise pas d’énergie fossile et n’émet de gaz à effet de serre. Ce bâtiment atteint un gain énergétique estimé de 91%.
Financement :
Autofinancement ou prêt : 237 000 € HT
DETR : 125 899.60 € pour le bâtiment sur un total de 300 000€ (Bâtiment + aménagements)
Subvention Fonds verts – Rénovation énergétique : 80 849.50€
Subvention SYDEV – Rénovation énergétique des bâtiments : 11 382€
Subvention ADEME – Contrat Chaleur renouvelable : 9000€
Communauté de communes – opération rénovation de façades : 10 000€
Bureau(x) d’études : AREA (Bureau d’études fluides et environnementales) ; E2CT (Economiste de la construction) ; ESTB (Bureau d’études structures).
Photographe : RUN_ARTS PRODUCTION