Derrière le sujet d’aménagement, qui intègre plusieurs éléments repères du cœur de la ville – de la Mairie et l’Église, à la Médiathèque en passant par le marché et les commerces, il y a un message que l’aménagement raconte sur sa ville : d’une certaine manière, le projet va produire une nouvelle carte postale de la ville.
Pour mener cette métamorphose, nous nous inspirons et manipulons les images mentales existantes sur le territoire – les cartes postales des pinèdes, des marais, des cafés de la place de l’Eglise.
La rénovation permet de mettre en œuvre un projet simple et sobre, qui évoque ces images et les réinscrivent dans le centre renouvelé de Saint-Hilaire-de-Riez. Ainsi, le cœur de ville associe des places distinctes (Place du Marché, Place de l’Église, Parvis de la Mairie) à un jardin aux ambiances diverses : des prairies ouvertes à la pinède ombragée en passant par des jardins frais.
Cet ensemble de lieux aux vocations variées est accompagné de voiries apaisées et de rues jardins. Les espaces publics sont hiérarchisés, les lieux portent des vocations singulières, les parcours sont sécurisés. L’ensemble compose un cœur de ville confortable, support d’usages et de partages pour les habitants de Saint-Hilaire-de-Riez.
Cette recomposition des espaces publics passe par une affirmation des lieux et de leur vocation. Plusieurs lieux se distinguent et orchestrent un réseau d’espace public du quotidien riche et varié :
– La Place de l’Église : la place a été pensée pour articuler deux nouveaux parvis, celui de la Mairie et celui, plus patrimonial, de l’église. La présence végétale est conservée sur cette place. Au Sud, un massif rappelle les marais (les contraintes liées à la DRAC nous empêchant de réaliser une noue), l’écluse trouve sa place.
– La grande place : au sud de la Mairie se déploie la grande place, celle privilégiée pour accueillir divers événements, du plus quotidien comme le Marché au plus exceptionnel comme la fête de la musique en passant par le plus courant, comme un déjeuner à l’ombre des arbres. Elle retrouve une échelle plus mesurée. Avec ses 1 600 m2, elle permet d’accueillir le marché hebdomadaire – et est épaulé par la rue lorsque la saison haute bat son plein. De mesure légèrement plus importante que la place de l’Eglise, ce lieu retrouve une échelle plus domestique mais conserve sa vocation de place « capable et utile ». Elle accueille la nouvelle halle de Saint-Hilaire-de-Riez.
– Le grand jardin : Il est composé de trois lieux :
>Le cœur jardiné : un endroit de pause ombragé par les arbres existants et confortable propose des tables de pique-nique, des bancs à proximité d’une sculpture relocalisée et de l’entrée de la médiathèque.
> L’aire de jeux
> La prairie : la prairie, élément qui lui aussi est un lieu d’usages très variés. Des points de vue depuis le haut de la pente permettent de mettre en scène les vues sur les marais. La pelouse se compose d’une plage verte en pente douce, lieu d’usages libres, et pente ensuite vers un jardin frais dans lequel sont collectées l’ensemble des eaux pluviales du projet.
Approche environnementale : Le projet s’est attaché à désimperméabiliser massivement le secteur par rapport à l’existant : l’ancien parking en enrobé est devenu un jardin frais et une prairie, la place de l’Église ainsi que ses abords intègrent des massifs plantés. Le projet a utilisé le maximum de revêtements clairs et perméables (pavés joints secs, pavés enherbés, arène granitique), favorisant l’infiltration des eaux pluviales et réduisant l’îlot de chaleur. Seules les zones très circulées sont restées en revêtement non perméable. La majeure partie des eaux pluviales est collectée par un réseau de noues, limitant au maximum la mise en place de réseaux, favorisant l’apport d’eau aux végétaux et l’infiltration dans le sol, et créant des milieux variés. Elles sont ensuite régulées et infiltrées dans le bassin situé au point bas du projet, dans la grande prairie.
La palette végétale est composée d’essences locales et résistantes à la sécheresse, limitant les besoins en arrosage, adaptées à un climat de plus en plus sec et chaud l’été. Elle est variée, adaptée aux différents milieux créés par le projet, favorisant la biodiversité quasi inexistante auparavant.
Enfin, le projet a permis la plantation de 138 arbres, nécessaires au confort d’été, à l’ombrage, et à la reconstitution d’une trame verte arborée dans le secteur.
Financement :
Appel à projet pour la renaturation des villes et villages : 176 918€
Fonds vert – France nation verte : 106 150,80€
Programme Départemental Logement Aménagement : 41 656€ + 15 000€
Bureau(x) d’études : Moonwalklocal (architecte), Tugec (bureau d'études VRD), Atelier Coup d'Eclat (concepteur lumière)
Photographe : François Dantart